Vendredi 18 avril 2008
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Réalisé par Martin Scorsese
Avec les Rolling Stones, Jack White, Buddy Guy, Christina Aguilera.
Sorti le 16 avril
2008.
Rolling Stones / Scorsese. Soit, à peu près, le plus grand groupe de rock et un des plus grands cinéastes. Une association plus que
prometteuse, excitante. Surtout que le réalisateur de Taxi Driver, Casino, les Nerfs à vif, Aviator est un vrai mélomane. ça s’entend déjà sur les
B.O. de ses films, ça se confirme lorsqu’il réalise des documentaires musicaux comme le récent Bob Dylan mais, dans nos cœurs de rockers, Scorsese a acquit ses lettres de noblesse avec
l’inoubliable « The Last Waltz » (1978) qui vaut autant par la qualité de sa réalisation que par celle des musiciens (The Band, dont c’est le concert d’adieu, et les musiciens qu’il a
côtoyé pendant sa carrière soit Bob Dylan, Neil Young, Eric Clapton, Dr John, Joni Mitchell, Ringo Starr, Staples Singers…)
Shine A Light est exactement de cette veine. Filmé en 2006 au Beacon Theater de New York, Martin Scorsese nous montre une formation en
grande forme. Charlie Watts, le batteur, est comme à son habitude, impassible et impérial. Il soupire quand même à l’issue du 2ème ou 3ème titre. Keith Richards, le plus
fripé de tous, le plus marqué par l’âge (63 ans au moment des faits) et surtout par les excès de substances illégales. J’arrive même à trouver du talent à Ron Wood, qui n’est pas mon Stone
préféré (pléonasme). L’équipe qui complète la formation, Darryl Jones à la basse, Chuck Leavell aux claviers, la section de cuivres menée par Bobby Keys, déjà auteur du solo de sax sur l’original
de Brown Sugar en 1971, ne déméritent évidemment pas.
Mais, la vedette, la star de la soirée, c’est Mick Jagger. La voix, le physique (si le visage trahit son âge, son corps reste parfait) et
surtout la gestuelle sont intacts. Dès les premières mesures, Mick, tel un jeune cabri, se dandine, virevolte à la recherche du public qu’il trouve sans la moindre peine. Quel
performer !!!
Le rôle de Scorsese n’est pas à négliger. Ses caméras suivent avec nervosité le chanteur et ses musiciens, ne ratant aucun détail. Pari
artistique audacieux : lorsque la caméra s’approche d’un instrument, le son de celui-ci est également mis en avant. Les solos ou riffs de
guitare de Keith deviennent alors particulièrement tranchants. La lumière est excellente et rare pour un concert filmé dans un décor un peu baroque.
L’intro du film pourra agacer. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé lorsque Scorsese se met en scène, nerveux, attendant désespérément
d’obtenir la set list, se pouillant au téléphone avec Jagger sur les détails de dernière minute. Cette intro installe un climat de nervosité et une tension qui, je trouve, met en condition pour
le concert à suivre.
Le concert est parfois coupé par des images d’archives, essentiellement des interviews.
Au terme de plus de 2 heures de musique, ponctuées par un « Brown Sugar » et un « Satisfaction » d’anthologie, on sort
de la salle ébloui et ravi. Prêt à reprendre un ticket pour un deuxième tour. Vivement le DVD !
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