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Mardi 17 octobre 2006

Magasin Général

Loisel et Tripp

paru le 17 Mars 2006

Pour qui connaît Loisel, cet album se détache totalement de ce qu'il nous avait connaître jusqu'à présent. Nous sommes bien loin de Pelisse, Peter Pan ou de la fée clochette avec Magasin général. Il faut dire que cette nouvelle série est le fruit d'une collaboration entre Loisel et Tripp, ce qui donne un trait de crayon assez innédit. Et puis, l'histoire se passe au Canada et on ne peut pas en douter très longtemps car dès les premières planches on tombe dedans. Ya pas à dire ils ont des expressions très typiques là bas.

En ce qui concerne l'histoire, je vous renvoie à ce qu'en dit un des auteurs :

"Synopsis (par J-L Tripp)

Canada, province de Québec. Notre-Dame-des-Lacs est un village de 200 âmes perdu au fond d’une vallée. Nous sommes dans les années 20. C’est l’époque de « la grande noirceur » où l’église catholique fait peser sur les campagnes le lourd couvercle de sa rigueur morale.

Marie Ducharme, la quarantaine, est veuve. Elle s’occupe du Magasin Général, seul commerce et point de passage obligé des villageois. Les rudes journées auraient pu ainsi s’égrainer au rythme des hivers sans fin si une improbable rencontre n’était venue bouleverser le cours des choses. "

Si vous ne l'avez pas encore lu c'est le moment car je viens de voir que le tome 2 devrait sortir très prochainement (à la fin du mois), donc peu d'attente pour lire la suite!

Si vous ne l'avez pas encore lu c'est le moment car je viens de voir que le tome 2 devrait sortir très prochainement (à la fin du mois), donc peu d'attente pour lire la suite!

Je vous met aussi le lien vers le site de Loisel sur lequel on peut avoir un aperçu de quelques planches et des explications sur la façons dont les auteurs ont procédé pour co-écrire cet album.

 

Par Cécile
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Mercredi 8 novembre 2006
CHANTONS EN CHŒUR ! (The Soft Centre - 1964)
James Hadley Chase (1906-1985)
Traduit de l’anglais par André Bellac
SERIE NOIRE N°835
 
Un peu de littérature aujourd'hui.
 
Je vais vous parler d’un livre que vous n’avez aucune chance de trouver en librairie puisque Gallimard ne semble pas, à ce jour, l’avoir réédité !!!
 
« Ah, dis donc, Philippe, il commence bien ton article ! » me dit une petite voix intérieure.
 
Il faut tout d'abord que je vous raconte que régulièrement mon ami Loïc se débarrasse des vieux bouquins qui encombrent son garage ou sa bibliothèque. Je sais, Jean-François (mon ami libraire), c’est de la concurrence déloyale. Du coup, c’est ma remise qui se voit encombrée de cartons de Série Noire, de Fleuve Noir (avec les couvertures aussi sexy qui démodées. J’en reparlerai certainement), Le Masque et autres collections qui faisaient le bonheur des halls de gare dans les années 60. De temps à autre, je pioche quasi au hasard dans le tas.
 
Cette fois, c’est donc "Chantons en chœur !" qui est sorti du carton. Je n’avais encore jamais rien lu de James Hadley Chase. Du coup je me renseigne un peu et je trouve ce site en français : http://perso.orange.fr/chase/ Un site en trois parties que je vous conseille de visiter pour en apprendre d’avantage sur l’auteur. Une page recense toutes les œuvres (avec une notation, ça rigole pas !) et une dernière est consacrée à des entretiens.
 
Ce qui m’a étonné, c’est que le bonhomme J.H. Chase est anglais alors que l’action de ses romans se déroulent visiblement tous aux Etats-Unis. Etonnant, non ?
 
Un autre site, en anglais, nous en apprend davantage sur l’œuvre avec des reproductions de couvertures anglaises et même étrangères (dont la France) : http://jameshadleychase.free.fr/index.htm#
 
Vous avez certainement noté que l’on est loin de la sobre couverture quasi cistercienne de la série noire. Pour le fun, voici donc la version anglaise qui a d’avantage misé sur le personnage féminin (est-ce un euphémisme, mon cher Migwell ?)
 
Après ces considérations futiles mais non dénuées de charme, passons au roman. L’histoire se déroule en Floride, à Spanish Bay. Là se prélasse, dans un palace avec vue sur mer, un jeune couple que la vie semble avoir privilégié. Valérie Burnell est la fille d’un richissime homme d’affaire. Je ne résiste à la tentation de vous citer la description par le père Chase dès la première page : « Elle ouvrit les yeux et contempla son corps svelte aux formes magnifiques, ses seins généreux, ainsi qu’une petite bande de chair à la hauteur des hanches, qui contrastait par sa blancheur avec le bronzage doré du reste de sa peau ». Quand on a lu ça, on vérifie que l’on ne s’est pas trompé avec un Harlequin. Mais non, rapidement l’action s’emballe. Car Chris, son mari, a des troubles mentaux et sa disparition, une nuit, coïncide avec l’assassinat d’une prostituée dans un motel. Qui est le coupable ? Chris ? Entre la police, la pègre locale, et le détective privé minable, c’est toute une fourmilière crapuleuse que cette affaire va mettre en branle. Car Valérie veut connaître la vérité pour mieux l’étouffer. Mais elle ne sait pas ou elle va mettre les pieds.
 
Ce qui m’a bien plu, et c’est assez typique du roman noir de cette époque (bien qu’en 1964, on en soit plutôt à la fin) c’est un certain cynisme ambiant : Il n’y a pas grand monde à racheter dans ce microcosme sordide. Evidemment, depuis la page 1, on est plutôt du côté de Valérie et de ses formes magnifiques. Et puis Frank Terrel, le capitaine de police n’est pas un mauvais bougre non plus. En même temps, on aime assez bien les personnages, ils ont tous une certaine humanité. De toute façon, à la fin, tout le monde passe à caisse et c’est parfois un peu douloureux.
 
Pour finir, une petite réflexion sur le titre en V.F. C’est du 100 % Série Noire cette manie de nommer un ouvrage avec un titre qui n’a rien à voir avec l’original. Par exemple, l’œuvre de Chandler, que je vénère, en a fait comme les autres les frais : Little Sister devient « Fais pas ta rosière », The Long Goodbye « Sur un Air de Navaja » etc. Cherchez le rapport !
Pour ce titre, on peut tout de même accorder à l’éditeur qu’il a lu le bouquin, car des maîtres chanteurs, y’en a une belle chorale dans le roman.
James Hadley Chase (y'a un petite air d'Howard Hugues, non ?)
 
 
Par Philippe
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Dimanche 12 novembre 2006

PAS DE VIE SANS FRIC (You're Dead Without Money - 1971)
James Hadley Chase (1906-1985)
Traduit de l'anglais par Janine Hérisson
Collection James Hadley Chase (n°22) - Gallimard

 Fort satisfait de ma précédente lecture (rappel ici), je retourne dans la remise en quête d’un nouveau roman de James Hadley Chase. Bingo ! Je dégotte celui-ci et m’y attelle sans attendre.

 Ce livre est publié par Gallimard dans une collection que l’éditeur a dédié à l’auteur. Sauf erreur de ma part, il s’agit là d’un cas unique. Pourquoi lui et pas Chandler, Goodis ou encore Ed McBain ? Les mystères du marketing sont parfois opaques ou seulement éclairés par les chiffres de vente. Toujours est-il que cette collection bénéficie des illustrations de l’auteur de BD Jean-Claude Claeys. Pas de quoi s’extasier sur notre exemplaire.
 
« Pas de vie sans fric » est un polar sans meurtre. C’est assez rare pour être mentionné. Le système narratif est indirect : Un écrivain rencontre dans un bar un type qui lui raconte une histoire, donnant ainsi matière à un sujet de livre. Al Barney, le conteur, est curieusement rétribué en bières, hamburgers et saucisses dont il se gave au fil du livre.
 
Globalement on peut trouver beaucoup de similitudes entre « Chantons en chœur ! » et « Pas de vie sans fric ».
D’une part, le lecteur côtoie différents personnages ou groupes tous liés à l’action. Les fonctions et caractères des personnages se retrouvent également d’un livre à l’autre. C’est particulièrement vrai pour ce qui concerne le trio père, fille et gendre associé dans les deux livres dans des activités peu orthodoxes. On retrouve aussi des malfrats homosexuels. D’ailleurs on est en droit au passage de soupçonner le père Chase d’homo phobie, les références aux « pédés » et à la description de leur comportement sont en effet souvent caricaturales. J’ai lu que la déchéance était une constante majeure de l’œuvre de Chase. Ici, elle est incarnée par Elliot, acteur infirme viré d’Hollywood. Enfin, il y a aussi les petites frappes qui cherchent à réaliser le gros coup, mais ils sont tellement minables que l’auteur ne leur donne pas la moindre chance. Oui, globalement on peut dire que Chase déteste cordialement les méchants de son bouquin. Et ils sont nombreux. Mais il y a tout de même deux ou trois personnes sauvables, non exemptes de reproches, certes, mais qu’un accès de droiture est comme une bouée au lecteur qui a tout de même besoin de héros.
 
L’histoire tourne donc autour d’une série de timbres russes d’une valeur considérable. Tous nos protagonistes, plus la CIA, s’y intéressent pour des raisons diverses, souvent vénales.
 
Je suis ressorti de ce polar avec le même bonheur que celui procuré par la lecture de Chantons en cœur, prouvant une nouvelle fois que James Hadley Chase est un écrivain qui me convient.  
 
Hé hé ! Vous pensiez vraiment que j’allais vous priver de l’édition anglaise ?
 
Par Philippe
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Samedi 9 décembre 2006

SE QUESTO E UN UIMO (1947)
de Primo LEVI (1919-1987)
Pocket - 1990

Oui, je sais, parler d'un livre sur les camps de concentration alors que le best seller de la rentrée littéraire 2006 "Les Bienveillantes" traite du même sujet,  c'est comment dire... Décalé.

Depuis quelques temps Juliette, 14 ans, me relance régulièrement "Papa, t'as lu  "Si c'est un homme" ? Il faut dire qu'elle en lit, ma Juju, des ouvrages sur la 2ème guerre mondiale et les camps d'extermination. A croire qu'il existe une fascination pour l'abjection. Le précédent était "LE RING DE LA MORT" de Jean-Jacques Greif ayant pour cadre Auschwitch en 1941...

Primo Levi décrit avec une économie de style sa détention a Monowitz, camp dépendant d'Auschwitch. Tout au long de son récit, il s'astreint à ne raconter que ce qu'il a vécu. Donc pas de considération générale sur l'organisation des camps, le contexte. Nous suivons la vie - ou la survie - au quotidien d'une jeune homme italien qui ne comprend pas grand chose au début des ordres et des consignes donnés en allemand. Ici, pas de héros, les détenus, tenaillés par la faim et le froid, en sont réduits aux petits combines, au marché clandestin, par nécessité.

Ce témoignage a été écrit en 1947. Il aura mis des années avant d'être publié en grande diffusion. L'auteur a ensuite partagé son temps entre son premier métier, chimiste, et l'écriture. Mais, faisant oeuvre de mémoire, il a souvent rencontré ses lecteurs comme il le dit lui-même dans la l'appendice qui clôt le livre : Des centaines de lycéens de toutes les régions d'Italie m'ont invité à commenter mon livre... A mes deux métiers, j'ai dû bien volontiers en ajouter un troisième : celui de présentateur-commentateur de moi-même..."

Pour finir, et pour résumer le sens de cet ouvrage, je citerai quelques lignes que l'on peut lire dans le dernier chapître : "Le sentiment de notre existence dépend pour une bonne part du regard que les autres portent sur nous : aussi peut-on qualifier de non humaine l'expérience de qui a vécu des jours où l'homme a été un objet aux yeux de l'homme".

Philippe

Par Philippe
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Lundi 18 décembre 2006

  L'autre jour, pendant un cours de math, l'idée me vint de demander à ma voisine quel serait son disque ou son livre du moment. Sans hésiter elle me répondit : "Ensemble c'est tout d'Anna Gavalda".  Mon voisin de gauche, lui, me proposa une petite sélection de disque (qu'il faudra que j'écoute aussi).

Mais revenons au livre, si je me souviens bien, je crois qu'il avait fait beaucoup de bruit au moment de sa sortie, enfin il me semble l'avoir beaucoup vu en présentation, mais je ne m'y étais pas intéressé à ce moment.

C'est l'histoire de Camille, Franck, Philibert et de Paulette. Leurs vies sont pas forcément très marrantes mais ils essayent de faire avec. 

Le livre se lit avec une facilité assez déconcertante, on s'attache très rapidement aux différents caractères qu'on rencontre. J'ai passé un très bon moment de lecture et je dois avouer que je me suis parfois endormie un peu tard à force de me dire : "Aller encore un dernier chapitre"

Je vous conseille donc ce livre pour un très agréable moment de détente.

Par Cécile
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