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Ce blog, créé en octobre 2006, a pour mission de partager nos passions en musique,  cinéma, bouquins et plein d'autres choses encore.

De Nantes à Brest, puisque ce sont les villes qui bornent notre éloignement géographique, nous utilisons le blog comme canal de nos coups de coeur !

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Bonne visite !

dossier Beatles

 

 
Samedi 30 octobre 2010 6 30 /10 /Oct /2010 16:53

Trevarez-Chateau reflet dans le bassinCa ressemble à un conte de fée. Il était une fois un monsieur très très riche. Il aurait voulu être président de la république mais il n’était que député et président du Conseil Général du Finistère, ce qui, avant la décentralisation, n’avait pas le même prestige. Ce n’était pas un roi, mais il rêvait d’un château.

 

L’argent ne posant pas de problème, il voulait construire dans un très grand parc, une bâtisse suffisamment imposante pour accueillir ses amis et relations politiques et sociales, histoire de leur en mettre plein la vue. Rien n’était trop beau : salle de bal, salle à manger gigantesque, fumoir, bibliothèque… Et le tout équipé de ce qui pouvait se faire de mieux et de plus moderne en termes de technologies. Charpente métallique, chauffage central, électricité, 3 ascenseurs, 22 salles de bains, 2 piscines…

 

L’architecte… lui construisit son château dans un style très en vogue à l’époque : l’ecclectisme ; un style nouveau empruntant tous les courants architecturaux du passé. Quelques éléments Art-déco, alors en vogue pour mettre une petite touche actuelle et voici notre château de Trévarez qui s’élève, en briques rose, sur les hauteurs des montagnes noires, à Saint-Goazec.

 

Trevarez-james de KerjeguCet homme c’est James de Kerjégu. La construction de son château, qu’il ne compte occuper que 3 mois par an (le reste du temps, il réside dans son hôtel particulier parisien), s’achève en 1907. Le conte de fée tourne au vinaigre puisque le châtelain décède l’année suivante.

 

C’est Françoise, sa fille, qui reprendra le destin de Trévarez en main. Mais elle va progressivement délaisser le château pour rejoindre son mari en Loire Atlantique.

 

La fin de la seconde guerre mondiale porte un coup fatal au château. Celui-ci, alors occupé par les allemands, est bombardé et éventré.

 

Il faut attendre 1968 pour que le Conseil Général du Finistère en fasse l’acquisition et, lentement mais sûrement, entame un programme de rénovation.Trevarez-Chateau detail

 

Aujourd’hui seules 3 pièces du château se visitent au rez-de-chaussée. Le reste de la bâtisse a été dévoré par le mérule et est peuplé d’une colonie de 600 chauves-souris.

 

C’est tout cela que nous a expliqué Lise, notre guide. En ce 24 octobre en effet, 3 visites différentes étaient programmées : visite du parc, des sous-sols et de l’intérieur.

 

Cela faisait longtemps que je voulais retourner à Trévarez. Aussi l’enfilade des 3 visites ne m’effrayait pas du tout, bien au contraire : j’avais bien l’intention, à l’issue de la journée, d’être incollable sur le domaine.

 

La ballade du parc au château nous offrait un décor incendié par les couleurs automnales qui paraient le feuillage. Le château apparaît rapidement, avec un jardin aménagé à la française en premier plan.

 

Trevarez-Chateau cuisine sous-solPuis vient le moment (2e visite) d’accéder au sous-sol. Cette partie ne se visite qu’accompagné et ne se fait, semble-t-il, que très rarement. De fait, le premier sous-sol, éclairé par les fenêtres qui donnent sur la vallée, n’a été ni rénové ni nettoyé. Ce lieu était occupé principalement par la cuisine, la boucherie, des dessertes pour ranger les denrées et une immense glacière. Ici, tout n’est que rouille et poussière. L’endroit est resté tel quel, sans restauration et sans entretien. Ce n’est pas vraiment très beau mais ça a quand même le charme du vécu, avec un petit côté fantomatique.

 

Nous remontons à la surface pour l’expo « Bâtir un rêve ». Il ne reste pas grand-chose du mobilier du château qui fut vendu aux enchères par les derniers propriétaires avant l’acquisition des lieux par le Conseil Général. Mais l’expo nous présente du mobilier et des éléments techniques d’époque mettant en avant le côté moderne de la construction. En revanche, il est difficile avec les aménagements actuels de se faire une idée de l’agencement tel qu’il était à l’époque du châtelain. Quelques photos anciennes nous révèlent des intérieurs richement et abondamment décorés.

 

Trevarez-Chateau vue generale 1Lise, notre guide, maitrise parfaitement l’histoire du château mais s’embrouille dès qu’elle parle de technique. D’ailleurs, elle jalonne régulièrement ses commentaires de « en fait… ». Au terme de 3 heures de visite, il est temps de la quitter. Elle nous informe des nombreux projets pour le château. Ouverture de la salle de bal, sans rénovation mais permettant au visiteur d’admirer le volume, du sol au plafond, dégagé dans le château par le bombardement. En projet également, offrir la possibilité de visiter la partie privative du château. Pour aboutir à cela, du temps et de l’argent seront nécessaires.

 

Il est certain que le Conseil Général du Finistère ne dispose pas du même budget que James de Kerjégu pour son ambitieux projet, soit l’équivalent actuel de 18 millions d’euros !

 

Trevarez-cafe gateau

Avant de repartir, nous faisons une halte à la cafétéria qui servait un délicieux gâteau breton aux pruneaux.

Par Cécile, Benoît, Philippe
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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 11:36

Montparnasse-bienvenue metroVous avez remarqué, du premier coup d’œil, le tréma sur le « u » de Bienvenüe ? Bien sûr…

Moi, il m’a fallu des décennies pour découvrir cet appendice incongru sur ce que j’ai toujours (depuis la petite enfance) considéré comme un message d’accueil bienveillant.

 

« Bienvenue à Montparnasse » voilà ce que le petit rêveur que j’étais lisait sitôt quitté le train pour rejoindre le métro. En réalité, le Bienvenüe en question n’est autre que le nom de l’un des inventeurs du métro parisien : Fulgence Bienvenüe.

 

Voilà comment on démystifie un mythe. Il n’empêche que j’aime bien ce quartier de Montparnasse. C’est Paris bien sûr, mais on est encore un peu en Bretagne, il suffit de lire les noms de certains bistrots, de certaines rues... A la fin des années 70, quand j’ai commencé à me déplacer sans mes parents, l’étape parisienne obligée était la FNAC. L’enseigne n’existait pas en province et proposait à l’amateur toutes sortes de raretés discographiques, en particulier un choix d’imports extraordinaire. Ca aussi, ça a bien changé… Avec les copains une fois qu’on avait dépensé nos faibles subsides en vinyles, il nous restait encore quelques pièces pour une bière ou deux et un ticket de métro. Quant à savoir ce que nous allions bien pouvoir faire à Paris… Les vieux monuments, déjà visités jusqu’à saturation avec nos parents, ne déclenchaient guère l’enthousiasme. Ah ! Ces jeunes provinciaux ! Ensuite, tout de même, je me suis un peu « culturé ». A moi Beaubourg, les musées Nationaux, le musée Rodin, puis les grands concerts à Bercy… Curieusement, je n’ai jamais vraiment profité de Paris by night et je le déplore…

 

POUR CE DEPLACEMENT PARISIEN, aussi bref que professionnel, je n’avais pas le temps de flâner. Aller-retour dans la journée pour une réunion de 4 heures du côté de St-Denis.

 

greve rerJ’aurais dû me douter que le trajet St-Denis-Montparnasse en une heure, un vendredi soir, un jour de départ en vacances avec des perturbations du trafic liées aux mouvements de grève, était totalement inenvisageable. J’ai pourtant tenté l’expérience. « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort » disait Nietzsche.

 

Mes déboires en 3 étapes :

1 – j’attends le RER sur la mauvaise voie. Mais pas trop longtemps. On va donc dire que ce point ne compte pas. Le RER, perturbé, met un temps interminable à quitter la station La Plaine-Stade-de-France. Il s’arrête finalement Gare du Nord « tout le monde descend » nous annonce-t-on ! Hé ! C’est pas ça que j’ai sur mon plan, moi ! Il faut se rendre à l’évidence, il n’ira pas plus loin. Ma chérie m’expliquera à mon retour que la ligne B « bénéficie » d’une double exploitation : RATP intra muros, SNCF extra…

2 – me vl’à à courir à la recherche du métro. Que je prends dans le mauvais sens, direction Porte de Clignancourt. Je m’en rends compte à peine dans la rame mais trop tard : il me faut attendre la station suivante pour prendre la bonne direction que me conduira à Montparnasse. 13 stations séparent les deux gares. C’est beaucoup… c’est trop. Parcouru de tics nerveux, je regarde l’heure toutes les 30 secondes, et encore en me retenant de ne pas le faire plus souvent. Le métro arrive enfin à Montparnasse-Bienvenüe à moins cinq.

3 - Mon train est à 18h pile ! Je me dis, optimiste : en courant, c’est jouable. Sauf que courir dans les couloirs souterrains, à cette heure ci, c’est tout simplement impossible : la masse est compacte et vous avez beau jouer des coudes, l’avancée est bien trop lente. En plus il y a cet interminable et long couloir. Je cours, je cours, je dévale les escaliers, je transpire, j’en ai un point de côté mais je cours toujours car j’ai la foi : j’aurai mon train.

 

Hé bien non ! J’ai raté mon TGV ! A une ou deux minutes près, mais je l’ai raté !

 

Ne me reste qu’à prendre le suivant. Mon optimiste a totalement disparu tandis que j’éponge les litres de transpiration qui ruissellent sur mon front. Je me dirige vers la billetterie, très sollicitée sans beaucoup d’espoir d’obtenir une place dans le train suivant. Je veux prévenir ma chérie et c’est à cet instant que mon téléphone mobile m’annonce « batterie faible » pour s’éteindre définitivement. Le lâche ! C’en est risible. Je convaincs, non sans mal, le type derrière moi de me laisser passer un SMS sur son bel iPod. « Vous devriez mettre votre nom à la fin du message » me conseille-t-il. Pas con !

 TGV Atlantique

Comment c’était déjà la pub ? « SNCF, c’est possible ! » Et, en effet, j’ai pu échanger mon billet pour le train suivant, en placement libre. « Strapontin » ils appellent ça. Comme au théâtre.

 

J’ai juste le temps de m’acheter un sandwich. Je suis bien tenté par la pomme, vendue par le même « relais » à 1,50 euros. A ce prix, le cageot a dû faire le trajet en taxi de Fouesnant à Quimper pour monter en 1ère classe dans le TGV.

Ha ! Qu’il est doux de s’installer dans le moelleux fauteuil du TGV, en sachant que, dans quelques heures, l’on sera revenu à la maison. Mon Ipod sur les oreilles, de la lecture à volonté (j’ai de quoi donner à lire à l’ensemble des voyageurs autour de moi) et un bon sandwich pour tout à l’heure… Que du bonheur.

 

A partir de Rennes, derrière moi, un jeune couple d’étudiants révise l’anatomie de la jambe de haut en bas. La fille est anxieuse : elle va rencontrer ce soir, en descendant du train, les parents de son petit copain. « Et si ceci… Et si cela… » s’inquiète-t-elle . « Mais non ! » répond inlassablement le garçon. « Et puis, tu sais, à l’heure où nous arriverons, ils seront pressés de se coucher ! »

 

TGV interieur christian lacroixDevant moi, il y a Paul et sa maman. Paul va passer les vacances chez son père, à Brest. Il est bien sage sur la moitié du trajet, il mange soigneusement et écoute bien sa maman. Mais à l’heure du coucher, ce n’est plus pareil et maman menace régulièrement Paul d’une bonne fessée « A 3, je te la donne… 1… 2… » Mais Paul, pas idiot, obtempère à la dernière seconde. C’est sympa le TGV le soir, on assiste à un petit sitcom où chacun se raconte involontairement et discrètement. Untel téléphone pour s’assurer qu’on viendra bien le chercher à la gare, un autre rigole tout seul devant son PC, il doit regarder un film et Paul continue à exaspérer sa maman. Dans le couloir de grands ados se poursuivent avec des bouteilles d’eau. La vie, quoi !

 

En descendant du train, je dis à la jeune étudiante « Vous savez, les parents de votre ami sont sûrement aussi inquiets que vous. Tout va bien se passer ». Et son copain d’ajouter : Et puis… ils sont sympas les bretons ».

 

Ce n’est pas moi qui l’ai dit.

TGV

Par Philippe
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 16:54

Des Hommes et des DieuxDES HOMMES ET DES DIEUX

Film français de Xavier Beauvois

Avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale

Sorti le 8 septembre 2010

 

Une fois de plus, la journée s’était écoulée sans que je ne prenne le temps de choisir le film pour ma sortie ciné du soir. A la bourre, comme toujours !

 

Au final, je me rabats vite fait sur Allociné.

 

Premier constat : tous les films que je voulais voir étaient soit sortis de l’affiche brestoise, soit pas encore entrés. Contrariant !

Après un sévère écrémage, ne restaient en lice que deux films : Le dernier Bernard Blier (Le Bruit des glaçons) et Des Hommes et des Dieux.  A priori pas grand-chose en commun.  Pourquoi ai-je choisi le second ? Pour une raison toute conne :(décidément à la bourre jusqu’au bout),  le premier film avait déjà débuté depuis 2 minutes lors de mon arrivée au guichet. Et ça, vraiment, je ne supporte pas.

 

Des Hommes et des Dieux raconte la vie d’une petite communauté de moines en Algérie, entre 1995 et 1996, à une époque trouble où il ne faisait pas bon être un étranger. Le GIA sème la terreur dans un pays que le gouvernement ne semble plus maitriser. Ces moines trappistes français sont parfaitement intégrés et appréciés par la population locale. Frère Luc, médecin, prodigue ses soins à près de 150 patients certains jours, la communauté vend son miel, rend divers services, cultive son jardin, chante et prie.

 

Le film montre cette vie, presque comme un documentaire. Une vie simple, ordinaire et pourtant pleine de sens et de beauté.  Lorsque la menace pèse de plus en plus lourdement sur leur sécurité, les moines s’interrogent : faut-il rester ? Sont-ils venus ici pour mourir en martyrs ? Chacun pèse le pour et le contre et si le frère Christian a tendance à imposer son point de vue, on lui rappelle qu’il n’a pas été élu pour décider pour le groupe.

 

L’histoire des moines de Tibhirine est authentique et avait, à l’époque, choqué l’opinion publique.

Servi par des acteurs magnifiques, le film nous montre, sans fard, sans austérité et sans gravité, la vie de ces moines, des hommes qui ont choisi une vie hors norme, consacrée à Dieu, à la prière et aux autres. Cependant, ces hommes nous ressemblent. Avec leurs doutes, leurs peurs, leurs fiertés. 

Michael Lonsdate et Lambert Wilson sont extraordinaires. On sait qu’ils ont, avec les autres comédiens, fait un stage de plusieurs jours dans un monastère pour préparer le film. Pourtant, force est de reconnaître que c’est bien leur talent d’acteur qui permet ainsi de pousser leurs personnages aussi haut.

 

Avant d’être un film religieux, ce film traite de l’humilité des hommes mais aussi et surtout de la liberté.  Lorsque la peur nous tenaille, alors qu’elle est forte au point de dicter nos actes, ces hommes ont trouvé la force d’être fidèles à leur engagement et fidèles à eux-mêmes, comme des hommes libres.

Des Hommes et des Dieux photo

Par Philippe - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 17:16

Depuis longtemps, cette petite enseigne de la rue Jean-Jaurès semblait à l'abandon : supports publicitaires bleuis par les UV, vitrine sale, vieux courriers glissés sous la porte...

 

Le dernier "petit" disquaire de Brest s'en est allé...

 

Voici le bien bel hommage d'Alain Coquil dans le Télégramme de ce jour.

 

Telegramme music 7

Par Cécile, Benoît, Philippe - Publié dans : Disques
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Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 12:16

Beg-Meil - La Cale - JACK (1990) 600Il est des lieux avec lesquels nous avons un rapport très fort. Bien souvent, ces lieux sont intimement liés à un moment de notre vie, et souvent à notre enfance. Nous ne voulons pas que ces lieux changent, évoluent, se modernisent. Au contraire, nous souhaiterions les placer sous cloche afin que rien ne change et que le site de nos plus jeunes années soit préservé tel qu’il était jadis.

Beg-Meil est, pour moi, l’un de ces lieux.

 

Cette petite station fouesnantaise a, comme partout ailleurs, subi les affres du temps et s’est adaptée à l’évolution de la société.

 

Il y eut l’ouragan de 1987 qui détruisit la pinède et endommagea de nombreuses villas. Certaines, plus ou moins délaissées, ne s’en remirent pas. Les hôtels fermèrent les uns après les autres tandis qu’un peu partout poussaient des résidences d’appartements. Moi-même je vous écris de la résidence de l’hôtel des Dunes.

 

Quand j’étais enfant, notre plage c’était Kermyl et nous garions la DS19 près de ce vieil hôtel abandonné, symbole d’une époque révolue, celle où le mot vacances rimait avec aisance. (cela dit,  en ces temps de crise, ma rime redevient actuelle).

 

L’an passé ce fut au tour du Thalamot de fermer ses portes ; cet hôtel dans lequel j’ai exercé mon premier job d’été comme plongeur. Nous y avons bu une dernière coupe de champagne, servie par mon ancien patron, l’affable Michel Le Borgne. Tout fout l’camp !

 

Aujourd’hui, en cet été 2010, il ne reste plus rien à la pointe, pas même un marchand de glaces (l’année dernière, il y avait « reggae Man » un pur rasta avec son camion aux couleurs jamaïquaines et sur lequel était écrit en lettres arrondies « tout va bien »).

 Residence jardins de beg-Meil

En ville, la nouvelle résidence de luxe, « Les jardins de Beg-Meil » est achevée et il n’a pas fallu un an pour écouler les  derniers appartements. Antérieurement, à cette adresse était l’hôtel « Au bon Accueil » où mon copain Pierre travaillait au même moment que moi au Thalamot.

 

Boucherie-charcuterie à vendreLa boucherie-charcuterie est fermée et à vendre. Elle ne rouvrira jamais.

 

Encore et inlassablement : des appartements dans lesquels d’anciens campeurs économes et las des courbatures et des vicissitudes de la toile de tente investissent. Reconnaissons que le choix est plus fin que celui du camping-car (passer ses vacances à conduire un camion !) Une note positive : j’aime assez le côté rétro de cette nouvelle résidence bâtie dans un style évoquant les villas de bordure de littoral.

 

Voilà, tout change. Brutalement parfois comme lorsque l’on démolit un vieil hôtel. Ou par petites touches, lorsqu’un commerce disparaît. Nous n’y pouvons rien, il s’agit d’intérêts privés qui, sans doute, s’adaptent aux évolutions de la consommation.

 

Mais lorsque intérêt public et intérêt privé s’opposent, la polémique s’en mêle et envenime le débat. La loi de 1986 sur le littoral a souvent été source de conflits ou tout au moins de tensions. Cette loi nous a permis d’accéder à des paysages côtiers sublimes, jusqu’alors seulement visibles par quelques bien nantis. A Fouesnant, c’est un chemin partant de la cale de Beg-Meil jusqu’à la plage de Cap Coz qui fut ouvert, privant ainsi la somptueuse propriété de Bot-Conan de son accès direct et privatif à la plage.

 

Le marcheur peut ensuite poursuivre son périple jusqu’à Concarneau et sans doute encore au-delà.

Franchement, je m’en suis réjoui.

 

La zone litigieuseMais il reste, de la pointe du sémaphore à la cale de Beg-Meil, une frange du littoral où le sentier côtier n’existe pas. Une zone occupée par de somptueuses et cossues villas, propriétés de personnalités tout aussi remarquables.

 

« Favoritisme », « passe-droit », « privilèges » hurlent les adhérents et sympathisants de l’ASPF (Association de Sauvegarde du Pays Fouesnantais) qui réclament l’ouverture du sentier. A force de pétitions et de revendications, elle a obtenu des pouvoirs publics l’ouverture d’une enquête publique qui vient de se clore le 15 juillet dernier. Il est à parier que d’ici l’an prochain l’on puisse donc relier la cale par la côte. Une bonne chose ?

 

Je ne pense pas ! Cette zone, bientôt foulée par les hordes de piétons – pardon, de randonneurs – va être bardée d’infrastructures qui s’accrocheront à la roche. Les cormorans, les grands goélands et les petites sternes, qui occupent ce secteur en toute quiétude, devront trouver d’autres lieux pour nicher et s’ébattre. l'escalier de la fin (du sentier)

 

Au nom de la loi sur le littoral, est-il nécessaire sinon obligatoire de pouvoir fouler chaque centimètre de la frange côtière ? Ma réponse est non. Le chemin creux, par lequel passe encore aujourd’hui le GR a tout le charme requis pour une balade ombragée. Et pour ceux pour qui le passage par la côte est vraiment essentiel, il faut savoir qu’à marée basse, il est facile de se frayer un chemin entre les plages et les rochers. 

 

Avec ce nouveau sentier, c’est ma madeleine qui va être encore un peu plus grignotée. Voilà un argument qui pèsera sûrement dans la décision finale des pouvoirs publics.

 

En conclusion, y'a quand même une arête !

 

y'a comme une arête

Par Cécile, Benoît, Philippe - Publié dans : Beg-Meil
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