Les RABEATS
La FORET-FOUESNANT
14 Novembre 2008
Il existe dans le monde des centaines de « Cover Bands » spécialisés dans le répertoire des Beatles. Certains poussent le bouchon jusqu’à ressembler au plus près du célèbre quatuor. Les Rabeats sont de cette trempe. Costumes d’époque, coupes de cheveux, bottines, décor : rien n’est négligé.
Que penser de cette démarche ? Si l’on pense aux clones d’Elvis Presley ou en France de Johnny Hallyday ou de Claude François (voir le film « Podium »), l’on est en doit d’être, pour le moins, circonspect. Le mauvais goût est au rendez-vous et l’entreprise ridicule par principe.
J’ai pu entendre ou lire, ici et là, quelques avis différents sur la question. Puisque l’on n’a aucune chance de voir les Beatles en concert, pourquoi ne pas se satisfaire de cette reconstitution ?
Le mieux était de constater sur place.
Premier constat : la jolie salle Nautilus de la Forêt-Fouesnant n’est pas le Shea Stadium et le public des Rabeats n’a rien des jeunes filles hystériques que l’on peut voir dans les documentaires qui se respectent. Le public du Nautilus est familial et la moyenne d’âge doit osciller autour de 55 / 60 ans. Ce préambule n’est pas en soi une découverte mais il infirme le postulat évoqué plus haut : non, on ne peut se faire une idée d’un concert des Beatles. Il manque déjà le contexte.
Vers 21h15 le rideau rouge s’ouvre sur les Rabeats. Costumes sans col époque 1963, coupes de cheveux millésimées 1965. Les instruments sont, eux aussi, identiques à ceux des Beatles première période : Batterie Ludwig perchée sur une estrade, Basse violon Höfner, guitares Rickenbaker et Gibson. Les amplis Vox sont là aussi. Vraiment parfait. Le décor est en noir et blanc et les images projetées sur le rideau du fond évoquent les rayures des films d’époque. Niveau visuel, vraiment, c’est du 20/20 ! Evidemment, les Rabeats n’ont pas poussé le bouchon à recourir à la chirurgie esthétique pour se rapprocher encore de leur modèle. Mais tout de même, le résultat est bluffant.
Question musique, c’est tout aussi excellent. Le son est parfait, les arrangements rigoureusement conformes et les musiciens en place. On se doute bien que dans un tel océan de louanges, arrive maintenant le moment de la critique. Sans plus attendre, la voici. Le groupe ne compte qu’un chanteur, Sly, qui interprète à lui seul l’ensemble du répertoire. Difficile de retrouver les intonations à la fois de John, Paul et Georges (sans oublier Ringo). La voix du chanteur des Rabeats n’est pas désagréable et monte bien quant il le faut, mais elle ne ressemble guère à une aucune voix des Beatles.
Entre les chansons, rien que des tubes bien sûr, le chanteur s’adresse au public en anglais. Sans doute pour renforcer l’illusion. Ceci dit, avec son accent bien français – les Rabeats sont d’Amiens – on comprend sans problème les interventions non dénuées d’humour.
Fin de la première partie, une quinzaine de chansons consacrées à la période 1962/1966.
Vingt minutes plus tard, le groupe revient. Cette fois, il arbore les costumes du Shea Stadium de 1966. On se doute que cette seconde partie sera dédiée aux années 1967/1969 et on ne se trompe pas. Les Rabeats s’attaquent ici à du lourd. Car on sait que Beatles ne donnaient plus de concerts et passaient leur vie en studio. Difficile voire impossible de reproduire ce travail de studio en concert avec des instruments électriques traditionnels sans ajouts de sons externes. C’est pourtant le challenge que relève le groupe. Et moi je dis : chapeau ! C’est là que le groupe, à mon sens, se révèle et se lâche. Compensant le format minimaliste du quatuor (c'est-à-dire pas de section de cuivres, pas d’orchestre symphonique, pas de Billy Preston aux Claviers, pas de Mellotron ni de Georges Martin pour bidouiller les sons) les Rabeats prennent des libertés avec les arrangements et osent enfin sortir du cadre. Ils nous offrent ainsi des versions vraiment très belles et inspirées de « I’m The Walrus » ou encore « I Want You » (une partie de basse énorme). Ils osent même, sans ridicule et avec les honneurs, interpréter « A Day In the Life ». Les Beatles des dernières années expérimentent à tout va, explorent dans tous les sens. Les Rabeats ne négligent aucune facette, allant jusqu’à interpréter le violent « Helter Skelter » avec rage et guitares saturées, prenant le risque de défriser un public plutôt sage. Les consensuels « Hey Jude » et « Let It Be » (Sly au piano) ramènent vite l’ordre et le calme.
Le concert s’achève par un double rappel énergique (Get Back, Twist and Shout, Rock&Roll Music) avec des solos de batterie et de basse qui nous confirment, mais était-ce nécessaire, la virtuosité des instrumentistes.
Pour achever le tout, Sly, seul, nous joue « Goodnight » une chanson rare de l’album blanc.
A mon avis, pour cette seconde partie, des costumes plus flowers power avec chemises à jabots eurent été mieux appropriés.
En deux heures et une bonne trentaine de chansons, les Rabeats ont bien balayé le répertoire. Evidemment, on ne ressent pas le frisson qui nous parcoure lorsque l’on voit Paul McCartney, en chair et en os, arriver sur la scène de Bercy. Mais, tout de même, le bonheur d’entendre un joli florilège des titres des Beatles, avec des tubes mais aussi quelques chansons moins connues, n’est pas à bouder. Et c’est un public rassasié qui sortait de salle, chacun évoquant les albums auxquels se référaient telle ou telle chanson, les hommes faisant un subtil étalage de leur érudition tandis que les femmes trouvaient les musiciens « si mignons dans leurs petits costumes ». Un bel hommage aux Beatles en tous cas.
Site : http://www.rabeats.com/
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Il existe
pourtant des cas « borderlines ». Prenons les Who. Ils avaient repris la route après la mort de leur batteur fou Keith Moon en 1978. Il ne s’est guère produit
grand-chose d’excitant depuis, la surdité de Pete Townsend n’arrangeant rien. Pourtant, au début de cette décennie, un regain de vitalité avait été noté par les critiques. Manque de pot, en 2002,
c’est au tour de John Enthwistle, bassiste, de casser sa pipe, à la veille d’une tournée américaine. Aujourd’hui le groupe tourne avec le fils de Ringo Starr, Zak Starkey et Pino Pallidino. Mais
il reste Roger Daltrey et Pete Towhend. Or, la simple association de ces deux noms mérite l’appellation « Who ».
Pour LED
ZEPPELIN, c’est pareil. Même si les rôles du batteur (John Boham, décédé en septembre 1980 et remplacé par son fils Jason) et du bassiste/claviers, John Paul Jones sont Loin d’être
négligeables, il faut quand même admettre que les deux noms qui s’imposent à Led Zeppelin sont Robert Plant et Jimmy Page. Le plus curieux est que ces deux là ont joué ensemble sur disque et sur
scènes dans les années 90 sans utiliser le nom de leur groupe d’origine. Alors si aujourd’hui on me sort un Led Zeppelin sans Robert Plant, c’est simple, je me fache.
Revenons à QUEEN. Franchement, à quoi rime ce groupe
sans Freddy Mercury ? Freddy Mercury était plus que le chanteur, il en était la vedette. Il symbolisait à lui seul le groupe QUEEN. Même si le nom du guitariste, Brian May, n’est pas non
plus totalement inconnu, il n’en reste pas moins que QUEEN sans Freddy c’est un peu comme les DOORS sans Jim Morrison, ça ne ressemble à rien. Pour la petite histoire, peu de gens savent
aujourd’hui que les Doors ont sorti deux albums sans leur chanteur. Deux flops évidemment.
C’est parce que ce
disque évoque furieusement le southern rock que cette longue introduction m’a semblé nécessaire. A dire vrai, je découvre tout juste The Black Crowes (Les Corbeaux Noirs) avec ce
« Warpaint ». Le groupe n’est pourtant pas de la première jeunesse et son association exceptionnelle avec Jimmy Page (Led Zeppelin) en 2000 aurait dû éveiller ma curiosité. Formé en
1984 à Atlanta (Georgie), il sortira son tout premier album en 1990 et connaîtra, avec le second « The Southern Harmony and Musical Companion » en 1992, un très grand succès commercial
aux USA. La carrière du groupe évolue ensuite entre des hauts et des bas, se séparant en 2002 pour refaire surface en 2005 et produire aujourd’hui ce nouvel opus, salué comme un retour en
force.
BRAQUAGE A
L’ANGLAISE (The Bank Job)
L’exemple
parfait reste « Chantons sous la pluie » (1952). Voilà un film bon enfant, sympa comme tout. Et puis arrive la fameuse scène où, armée d’un porte-cigarette et de
collants noirs, elle va mettre le danseur à ses genoux. Dès son apparition, le film bascule, le ballet devient torride et le spectateur, à l’instar de Gene Kelly, est captivé par les ondulations
et le jeu de jambes explicite de l’actrice. Fascinant.
Tout aussi
troublant, son jeu face à Fred Astaire dans « Tous en Scène » (The Bang Wagon-1953), réalisé par Vincente Minnelli, le maestro de la comédie musicale. Il existe une
scène de danse, coupée au montage, d’une sensualité hypnotique.
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